SKI-CLUB GRIMISUAT-CHAMPLAN
Le Mont Blanc du Tacul (4248 m)
Guides: Gérald Mathys, Norbert Julier Responsable: Stan
La clique:
Raphaël Vuigner, Gilles Roduit, Damien König, Caroline LMD, Sophie Sierro, Romain Roduit, Arnauld Roux, Johann Savioz, Anne-Valérie Vuigner.

Album photo de la sortie

La quintessence de la sortie en peau de phoque: le Mont Blanc du Tacul (le Mont-Blanc lui-même n'est qu'une escapade pour sortie des aînés à côté!) Après un programme d'entraînement sévère pour certains et plus relax pour d'autres (Il paraît que Johann n'a fait qu'une seule fois les masques de tout l'hiver), nous étions tous fin prêt(e)s pour affronter ce monstre de la montagne. La marche d'approche (très éprouvante par ses ~2000 m de dénivelés) ne nous fait pas peur - sauf à Sophie - grâce à un ingénieux système de câbles et de poulies appelé téléphérique. 

Une fois sur la terrasse à plus de 3800, tout le monde à beau jeu de palabrer et de faire les malins. On voit bien que si l'altitude nous rend tout esgourdis, la langue supporte finalement assez bien cet état. Langue d'ailleurs flattée par un pic-nic tiré du sac et pas piqué des vers. 

Peu après, la joyeuse équipe se retrouve au refuge des cosmiques où l'accueil est sympathique et les chambres confortables. Mais d'insatiables montagnards comme nous ne restent pas enfermés longtemps. Emmenés par un enthousiasme venu d'on ne sait où, nous partîmes à l'assaut d'une arrête inutile. Enfin pas tout à fait, puisqu'elle permit à plusieurs de se faire les dents avec les crampons (enfin vous voyez ce que je veux dire...) et de nous confirmer que les mouflages c'est bien, mais que quand même, si on n'a pas besoin d'en faire, c'est mieux. 

Après une brève discussion avec une poutre, Sophie vint rejoindre tout le monde au souper (pardon dîner, on est en France) qui ne déméritait pas du nom (g)astronomique du refuge. La neige qui tombait mollement à l'extérieur nous prédisait une magnifique journée le lendemain, n'en déplaise à quelques esprits chagrins. 

Et puis dodo! Les nuits à 3500 m sont, malgré le confort des couches, toujours peuplées de rêves étranges: on rêve tout la nuit qu'on ne dort pas et pourtant, on n'est pas certain de rêver. 

Alors évidemment, quand on se fait sonner les cloches à 5h00 par le Gérald, on est un petit peu déçu de ne pas partir au Mont Blanc à 1h00. Ca éviterait 4h d'insomnie. Mais dans notre cas, on remercie le guide de la décision qu'il a prise et on va déjeuner. Là, Romain se rue sur une nausée à la confiture qui l'empêche de se sustenter. Stan par contre mange copieusement. Il a raison, le bougre il faudra bien des forces... 

Puis c'est le départ. le vent souffle loin les nuages pour nous donner une magnifique vue du jour qui se lève. Après 45min, c'est la première difficulté: remonter le moral à tous ceux qui voulaient aller au Mont Blanc mais qui ont du rebrousser chemin à cause du mauvais temps. Ah bon il a fait mauvais cette nuit? Difficile à croire, en voyant le ciel bleu tout autour de nous. La montée se passe sans peine vu les excellentes conditions et c'est vers 10h00 qu'on atteint glorieusement le sommet 

Là, ce ne sont que cris de joie et réjouissances parmi les camarades d'expédition. Dans un tel moment on est tous camarades hein Raph! On hésite un peu de prendre le couloir est pour redescendre, et finalement on choisit la sécurité. La première barre de séracs passe sans peine, mais il faut s'encorder pour la deuxième. C'est fou comme une difficulté peut être abordée différemment suivant les individus. Et là, Gilles fit preuve d'une perspicacité tout à fait étonnante. 

Bref, une fois sur la mer de glace, on comprit pourquoi elle portait ce nom: c'était plus du ski nautique qu'autre chose, et visiblement l'élément ne convenait pas à tous de la même manière. L'élément "corde" semblait poser encore quelques problèmes à Gilles qui décidément n'est pas prêt de se la laisser passer au cou! 

Bon gré mal gré, tout le monde est arrivé au fond du glacier pour ce rendre compte qu'il fallait marcher encore un bon quart d'heure en plein soleil pour atteindre le train. Stan qui pensait qu'Hélène était déjà passée à l'attaque (!) fonce devant pour retenir le train le temps que nous arrivions. Et voici toute la petite clique de retour en plaine à siroter des limonades et à regarder les voitures rouler sur les crampons. Comme on dit souvent: "Fatigués mais heureux" 

La page de la saison 1999-2000 des sorties randonnées du ski-club Grimisuat-Champlan était tournée de la belle manière. Et là encore, un grand merci aux guides, Norbert et Gérald, pour avoir assumé de prendre la responsabilité de mener 10 bronzés dans un endroit pareil. Merci aussi à Stan pour l'organisation et la prise de risque (c'est vrai quoi, il aurait pu naître quand on était en haut). 

Bon été à tous et à l'année prochaine ...