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La quintessence de la sortie en peau de phoque: le
Mont Blanc du Tacul (le Mont-Blanc lui-même n'est qu'une escapade
pour sortie des aînés à côté!)
Après un programme d'entraînement sévère
pour certains et plus relax pour d'autres (Il paraît que Johann
n'a fait qu'une seule fois les masques de tout l'hiver), nous étions
tous fin prêt(e)s pour affronter ce monstre de la montagne.
La marche d'approche (très éprouvante par ses ~2000
m de dénivelés) ne nous fait pas peur - sauf à
Sophie - grâce à un ingénieux système
de câbles et de poulies appelé téléphérique.
Une fois sur la terrasse à plus de 3800, tout
le monde à beau jeu de palabrer et de faire les malins. On
voit bien que si l'altitude nous rend tout esgourdis, la langue
supporte finalement assez bien cet état. Langue d'ailleurs
flattée par un pic-nic tiré du sac et pas piqué
des vers.
Peu après, la joyeuse équipe se retrouve
au refuge des cosmiques où l'accueil est sympathique et les
chambres confortables. Mais d'insatiables montagnards comme nous
ne restent pas enfermés longtemps. Emmenés par un
enthousiasme venu d'on ne sait où, nous partîmes à
l'assaut d'une arrête inutile. Enfin pas tout à fait,
puisqu'elle permit à plusieurs de se faire les dents avec
les crampons (enfin vous voyez ce que je veux dire...) et de nous
confirmer que les mouflages c'est bien, mais que quand même,
si on n'a pas besoin d'en faire, c'est mieux.
Après une brève discussion avec une
poutre, Sophie vint rejoindre tout le monde au souper (pardon dîner,
on est en France) qui ne déméritait pas du nom (g)astronomique
du refuge. La neige qui tombait mollement à l'extérieur
nous prédisait une magnifique journée le lendemain,
n'en déplaise à quelques esprits chagrins.
Et puis dodo! Les nuits à 3500 m sont, malgré
le confort des couches, toujours peuplées de rêves
étranges: on rêve tout la nuit qu'on ne dort pas et
pourtant, on n'est pas certain de rêver.
Alors évidemment, quand on se fait sonner
les cloches à 5h00 par le Gérald, on est un petit
peu déçu de ne pas partir au Mont Blanc à 1h00.
Ca éviterait 4h d'insomnie. Mais dans notre cas, on remercie
le guide de la décision qu'il a prise et on va déjeuner.
Là, Romain se rue sur une nausée à la confiture
qui l'empêche de se sustenter. Stan par contre mange copieusement.
Il a raison, le bougre il faudra bien des forces...
Puis c'est le départ. le vent souffle loin
les nuages pour nous donner une magnifique vue du jour qui se lève.
Après 45min, c'est la première difficulté:
remonter le moral à tous ceux qui voulaient aller au Mont
Blanc mais qui ont du rebrousser chemin à cause du mauvais
temps. Ah bon il a fait mauvais cette nuit? Difficile à croire,
en voyant le ciel bleu tout autour de nous. La montée se
passe sans peine vu les excellentes conditions et c'est vers 10h00
qu'on atteint glorieusement le sommet
Là, ce ne sont que cris de joie et réjouissances
parmi les camarades d'expédition. Dans un tel moment on est
tous camarades hein Raph! On hésite un peu de prendre le
couloir est pour redescendre, et finalement on choisit la sécurité.
La première barre de séracs passe sans peine, mais
il faut s'encorder pour la deuxième. C'est fou comme une
difficulté peut être abordée différemment
suivant les individus. Et là, Gilles fit preuve d'une perspicacité
tout à fait étonnante.
Bref, une fois sur la mer de glace, on comprit pourquoi
elle portait ce nom: c'était plus du ski nautique qu'autre
chose, et visiblement l'élément ne convenait pas à
tous de la même manière. L'élément "corde"
semblait poser encore quelques problèmes à Gilles
qui décidément n'est pas prêt de se la laisser
passer au cou!
Bon gré mal gré, tout le monde est
arrivé au fond du glacier pour ce rendre compte qu'il fallait
marcher encore un bon quart d'heure en plein soleil pour atteindre
le train. Stan qui pensait qu'Hélène était
déjà passée à l'attaque (!) fonce devant
pour retenir le train le temps que nous arrivions. Et voici toute
la petite clique de retour en plaine à siroter des limonades
et à regarder les voitures rouler sur les crampons. Comme
on dit souvent: "Fatigués mais heureux"
La page de la saison 1999-2000 des sorties randonnées
du ski-club Grimisuat-Champlan était tournée de la
belle manière. Et là encore, un grand merci aux guides,
Norbert et Gérald, pour avoir assumé de prendre la
responsabilité de mener 10 bronzés
dans un endroit pareil. Merci aussi à Stan pour l'organisation
et la prise de risque (c'est vrai quoi, il aurait pu naître
quand on était en haut).
Bon été à tous et à l'année
prochaine ...
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